Cecile Daroux - PiazzollaCecile Daroux - Piazzolla, dos
 
Interprètes : Cécile DAROUX, flûte - Pablo MARQUEZ, guitare - Léonardo Sanchez, guitare
Juan José Mosalini, bandonéon - Mauricio Angarita, contrebasse
 

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- Histoire du Tango : flûte et guitare
- Six Tangos-Etudes : flûte solo
- Tango-suite n°3 : flûte et deux guitares (transcription Cécile Daroux)
- Cinq pièces : guitare solo
- Oblivion : flûte alto, bandonéon, guitare, contrebasse

Astor PiAZZOLLA - Histoire du tango (Cécile DAROUX)
La richesse d'Astor Piazzolla réside sans conteste dans son habileté d'assimilation de différents types d'écritures sublimés par le tango, cet art populaire qui s'approprie la grammaire de la musique savante. Comme à l'époque baroque, l'art de la danse devient, ici, un genre à écouter, où le tango se fait théâtre de toute la gamme des sentiments humains. Outre le formidable pouvoir de la danse, on entre dans une dualité entre la violence sensuelle des pulsions rythmiques et l'émotion inaltérable qui se dégage de certaines phrases mélodiques saisissantes de pureté et de nostalgie (...)
Avec I'Histoire du Tango, le compositeur retrace un siècle d'évolution du genre, parti de I'insouciance de Bordel 1900 pour flirter dans Concert d'aujourd'hui avec les harmonies de Stravinsky et de Bartok (mais avec aussi le jazz, en passant par le lyrisme romantique de Café 1930, et l'énergie du nouveau tango et de la bossa nova Nightclub 1960). Si Piazzolla conçoit le tango comme un genre en devenir, il n'en oublie pas moins la référence à l'Histoire.
On peut songer aux suites de Bach ou de Telemann devant le traitement polyphonique des six Tango-études pour flûte seule, avec leur alternance de mouvements lents et vifs. Ce sont, à I'image de leur titres "décidé / anxieux et rubato / molto marcato e energico / lento meditativo / avec anxiété", de véritables pièces de caractère où la danse se trouve renforcée par Ia virtuosité des contrastes de sonorités et d'articulations. Piazzolla précise : "Il est conseillé à I'interprète de bien exagérer les accents et les respirations, s'inspirant ainsi de la façon dont sont joués les tangos sur le Bandonéon."
On retrouvera de tels contrastes, une telle virtuosité dans les cinq pièces pour guitare seule, où Piazzolla élargit encore ses sources d'inspiration. Se côtoient ainsi des tangos typés et incisifs comme Acentuado et Compadre, une marche funèbre au titre ironique : Triston ("tristounet") et une sorte d'improvisation écrite sur les figures du tango (Romantico). L'adaptation stimulante du troisième mouvement de Tango-suite, un autre chez-d'oeuvre écrit à l'origine pour deux guitares, s'est imposé par son évidence mélodique, quasiment "flûtistique" et sa frénésie.
Enfin Oblivion ; un bref hommage à la magie Piazzolla, une évocation du souffle humain à travers le bandonéon, résonance et prolongement du voyage de nos deux instruments...